Avant de répondre à cette question, une distinction essentielle s’impose :
il existe un endettement productif et un endettement improductif.

Contrairement à un particulier, une commune n’a pas le droit d’emprunter pour financer son fonctionnement courant. Elle ne peut pas faire de « crédit à la consommation ». La loi encadre strictement ses possibilités.

Pourquoi une commune peut-elle emprunter ?

Une collectivité locale peut contracter un emprunt uniquement pour :

  • Financer des investissements, pour la part non couverte par les subventions ou l’autofinancement ;
  • Assurer une avance de trésorerie dans l’attente du versement de subventions, une fois les travaux réalisés et les dossiers validés.

Autrement dit : on emprunte pour construire, rénover, aménager — pas pour payer les charges courantes.

La dette de Saint-Mihiel au 31 décembre 2025

Pour le budget général, les encours d’emprunts se répartissaient ainsi :

  • Emprunts à moyen terme : 2 317 253 €
    (taux moyen particulièrement bas de 1,33 %)
  • Emprunt à court terme : 450 000 €
    (taux de 3,60 %)

La dette totale s’élève donc à 2 767 253 €.

Rapportée à environ 3 800 habitants, cela représente 728 € par habitant.

Est-ce beaucoup ?

Les données de comparaison sont accessibles via l’Observatoire des Territoires, qui recense les dettes par habitant de toutes les communes françaises.

Aux alentours immédiats, fin 2024, l’endettement par habitant s’établissait à :

  • Han-sur-Meuse (ou Maizey) : 9 €
  • Les Paroches : 192 €
  • Chauvoncourt : 678 €
  • Sampigny : 791 €
  • Koeur-la-Grande : 793 €
  • Lacroix-sur-Meuse : 980 €
  • Seuzey : 1 357 €
  • Troyon : 1 752 €
  • Dompierre-aux-Bois : 2 627 €
  • Bislée : 4 135 €

Saint-Mihiel se situe donc dans une fourchette intermédiaire, cohérente avec son statut de commune-centre et son niveau d’équipements.

La vraie question : peut-on rembourser ?

Comme pour un ménage ou une entreprise, la dette n’a de sens que rapportée à la capacité de remboursement.

En prenant en compte les données financières communales 2024, comparées à l’encours fin 2025, il faudrait 3,8 années à la Ville pour se désendetter totalement (à investissement constant).

Ce ratio est considéré comme très satisfaisant et place Saint-Mihiel dans des standards comparables à ceux de communes similaires — souvent dotées de recettes plus élevées.

Une dette en forte diminution

Au 1er janvier 2020, l’endettement communal s’élevait à :

4 310 527 €, dont 1 million d’euros de court terme.

Au 1er janvier 2026, il s’établit à :

2 767 253 €.

Soit une baisse de 36 % en six ans.

Les 450 000 € d’emprunt court terme correspondent essentiellement à des subventions en attente de versement, ce qui en relativise fortement l’impact.

Le coût réel de la dette

En 2025, les frais financiers se sont élevés à :

52 525 €, soit environ 14 € par habitant.

Un niveau maîtrisé, notamment grâce aux taux historiquement bas négociés pour les emprunts à moyen terme.

Un élément essentiel : le portefeuille Claudin

Face à ces emprunts, la Ville dispose d’un atout majeur : le portefeuille d’actions légué en 1996 par Maurice Claudin.

Ce portefeuille, que nous avons fait fructifier avec prudence depuis plus de douze ans :

  • Affiche aujourd’hui une valeur proche de 1 250 000 €
  • A généré en 2025 plus de 49 000 € de produits financiers

Ces revenus couvrent presque intégralement les intérêts payés sur la dette la même année.

Autrement dit :
les placements produisent quasiment autant que le coût de l’emprunt.

Ils viennent donc fortement pondérer l’endettement brut et justifient une gestion patrimoniale prudente et stratégique.

Une gestion responsable

Adapter intelligemment emprunts et placements, préserver le capital tout en utilisant ses fruits, maîtriser la dette tout en investissant pour l’avenir :

c’est le B.A.-BA d’une gestion patrimoniale sérieuse.

Pour une commune modeste comme Saint-Mihiel, c’est même une exigence absolue.

La Ville n’est pas une commune surendettée.
Elle est une commune qui investit, réduit sa dette et valorise son patrimoine avec responsabilité.